Le premier établissement médiéval d’éducation supérieure fut fondé à Bagdad en 1065 par le célèbre vizir Nizam al-Mulk qui lui a donné son nom : Nizamiyyah. On note aussi, durant l’antiquité tardive, l’existence de l’Académie de Gondichapour, qui fut le centre intellectuel de l’empire sassanide.

Abbas Mirza fut le premier à envoyer des étudiants iraniens en Europe pour qu'ils y reçoivent une éducation occidentale. L'établissement d'universités basées sur le modèle occidental commença en 1851 avec la fondation du Darolfonoon, à l’initiative du vizir royal, Mirza Taghi Khan Amir Kabir, qui voulait former des experts iraniens dans de nombreux domaines scientifiques et technologiques.

Développement des universités

La construction de la première université iranienne, au sens où on l'entend aujourd'hui, fut proposée en 1928 par le physicien Mahmoud Hessaby. L'Université de Téhéran fut conçue par l'architecte français André Godard. C'est actuellement la plus grande université iranienne, comptant 32 000 étudiants. Après l'université de Téhéran, d'autres établissements virent le jour dans le pays, et le shah Mohammed Reza Pahlavi initia des projets de construction de plusieurs écoles sur le modèle américain. Ainsi, l'Université de Shiraz (à l'époque appeléer l'Université Pahlavi), prit pour modèle l'Université de Pennsylvanie, et l'Université Sharif de technologie s’inspira du Massachusetts Institute of Technology. Certaines universités, dont celle d'Orumieh, furent même fondées par des Américains. La révolution iranienne de 1979 mit fin aux collaborations entre l'Iran et les États-Unis.

Dans le domaine de la médecine, Joseph Cochran fut le premier à fonder une école professionnelle, en 1878. On lui attribue souvent la création de "la première école médicale contemporaine" de l'Iran, ainsi que la fondation de l'un des premiers hôpitaux modernes du pays, Westminster Hospital, à Orumieh. Il fut rejoint à la faculté de médecine de l’Universite d’Orumieh par plusieurs autres Américains, dont les médecins Wright, Homlz, Van Nourdon et Miller.

Etat actuel

Aujourd'hui il existe 54 universités publiques, ainsi que 42 écoles publiques de médecine. C'est vers elles que se dirigent en priorité les étudiants qui passent l'examen d'entrée à l'université, et ce sont elles qui ont les programmes les plus larges et les plus prestigieux. Il existe également 289 importantes universités privées.

La compétition entre les établissements est intense, mais l'Université Sharif de technologie est généralement considérée la meilleure en matière d'ingénierie et de physique, tandis que l'Université de Téhéran est la référence pour ce qui concerne la biologie et les sciences humaines.

Une sélection draconienne

Pour être accepté dans une université, les étudiants doivent passer un examen national d'entrée en université, qui a lieu une fois par an. Environ deux millions de candidats s'y présentent chaque année, mais seulement 100 000 sont acceptés (soit 5 %). Il faut être classé dans les 5 000 meilleurs pour étudier dans les meilleures universités (dans les 100 meilleurs pour entrer dans une école de médecine de Téhéran). A noter cependant qu’il existe des quotas spéciaux pour les familles des pasdarans, des membres du basij et des anciens combattants de la guerre Iran-Irak qui bénéficient de conditions d’admission privilégiées

La fuite des cerveaux

L'Iran est le pays où la fuite de cerveaux est la plus prononcée. La CIA estime que 79,4 % de la population iranienne (de 15 ans et plus) peut lire et écrire. Une grande majorité approche l'âge du début des études supérieures. On estime que presque 150 000 d'entre eux quittent l'Iran chaque année. Le phénomène de la fuite des cerveaux n'est pas une nouveauté en Iran. Peu après la révolution iranienne, tout le système d'études supérieures fut fermé pour plus d'un an et complètement changé. Nombre d’intellectuel choisirent de fuir un pays où les religieux venaient de confisquer le pouvoir. L’exode continua durant la guerre Iran-Irak, suivi d’une accalmie rompue par l'incursion des autorités religieuses dans le domaine universitaire, le dernier bastion des réformistes iraniens. En novembre 2005 un religieux devint président de l'université de Téhéran.

Commentant des rapports sur la fuite des cerveaux, l'Ayatollah Khomeini fit la déclaration suivante qui montre bien son degré d’aveuglement et de fanatisme  : « On parle de fuite des cerveaux, laissez fuir sans regret ces cerveaux décadents. Chaque cerveau rempli de ce que vous appelez la science est-il honorable ? Pourquoi discutez-vous ainsi au sujet des cerveaux décadents de ces êtres en perdition? Il vaut mieux qu'ils s'en aillent. Ne les regrettez pas. Il faut qu'ils partent, qu'ils s'enfuient. Il n'y a plus de place pour eux. Ces cerveaux qui s'enfuient ne nous sont d'aucune utilité. Laissez-les s'enfuir. Si vous considérez que votre place n'est pas ici, enfuyez-vous aussi »

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