Après ses démêlés avec le réformateur Mazdak qu’il finit par faire mettre à mort (cf Lettre persane n°24), le roi Kavadh régna encore pendant une génération. A sa mort, en 531, il laissa le trône à son second fils Khosru 1er, le plus grand des souverains sassanides, surnommé Anushirvan (âme immortelle) par ses contemporains. Ses frères ayant conspiré pour le déposer, il les fit exécuter avec tous leurs fils à l’exception d’un seul. Il réorganisa complètement le gouvernement en s’entourant de personnes compétentes, sans s’occuper de leur rang, créa une armée permanente et réforma le système fiscal pour le rendre plus équitable

Il consacra avec zèle sa grande énergie au service de son peuple et de l’Etat. Il fournit aux agriculteurs des outils et des semences et développa un système d’irrigation des terres. Pour favoriser le commerce, il fit bâtir, réparer et protéger les ponts et les routes. Comme la Perse manquait d’hommes pour garder ses frontières, il poussa les célibataires à se marier en dotant les femmes et en éduquant les enfants aux frais de l’Etat. Il réunit autour de lui des philosophes, des médecins et des érudits d’Inde et de Grèce, soutint la littérature, la science et l’érudition et finança de nombreuses traductions ; sous son règne, l’Université de Jund-é-Shapur atteignit son apogée.

A son avènement, Khosru 1er proclama son désir de paix avec Rome et signa, en 532, une « paix éternelle » avec l’empereur Justinien, mais dès 539 lui déclara la guerre prétextant que Justinien avait violé les termes de leur traité. Pendant que les armées de Justinien étaient encore occupées en Occident, il marcha sur la Syrie, assiégea Hierapolis, Apamea et Alep, les épargna contre de riches rançons et prit d’assaut Antioche, pilla ses trésors, incendia tous les édifices sauf la cathédrale, massacra une partie de la population et envoya le reste peupler une nouvelle « Antioche » en Perse. Justinien dépêcha Bélisaire à la rescousse mais Khosru 1er passa tranquillement l’Euphrate et le prudent général ne le poursuivit pas.

En 542 et 543, les Perses exécutèrent des raids dans l’Asie romaine, prirent des rançons et des captifs, ravagèrent la campagne et se retirèrent tranquillement ce qui conduisit Justinien à payer 2000 livres d’or pour une trêve de cinq ans puis, à son expiration, 2600 livres pour une prolongation de cinq ans.  En 562, les monarques vieillissants se garantirent mutuellement une paix de cinquante ans, Justinien acceptant de payer annuellement à la Perse trente mille pièces d’or et Khosru 1er renonçant à ses prétentions sur les territoires du Caucase et de la Mer Noire. Cet accord fut rompu en 572 par Justin II, le successeur de Justinien, avec le soutien des Turcs de la frontière orientale de la Perse. Malgré son âge, Khosru 1er entra personnellement en campagne et prit la ville frontière romaine de Dara, mais sa santé faiblit, il connut sa première défaite en 578 et se retira à Ctésiphon où il mourut l’année suivante, laissant à la Perse un système administratif d’une telle qualité que les Arabes l’adoptèrent pratiquement sans changement quand ils conquirent le pays

Son fils Hormizd II fut renversé par un général Bahram Gobin qui s’institua régent de Khosru II, le fils d’Hormizd, en 589 et se nomma roi l’année suivante. Quand Khosru II fut en âge de demander le trône, il essuya un refus de Bahram et s’enfuit à Hierapolis en Syrie romaine. L’empereur grec Maurice offrit de le rétablir au pouvoir si la Perse renonçait à l’Arménie. Khosru II consentit et Ctésiphon vit une armée romaine installer un roi perse (596). Lorsque Phocas assassina et remplaça Maurice en 603, le souverain perse, pour venger son ami, déclara la guerre à l’usurpateur. Byzance était affaiblie par les séditions et les discordes. Les armées perses prirent Dara, Amida, Edessa, Hierapolis, Alep, Apamea et Damas, entre 605 et 613. Enflammé par ses succès, Khosru II proclama une guerre sainte contre les chrétiens. Vingt-six mille juifs se joignirent à son armée. En 614, les forces combinées saccagèrent Jérusalem et massacrèrent quatre-vingt-dix mille chrétiens, incendiant de nombreuses églises dont celle du Saint-Sépulcre. La vraie croix, la plus vénérée de toutes les reliques chrétiennes fut emportée en Perse. Ivre d’orgueil, Khosru II adressa une lettre d’insultes à Héraclus, le nouveau souverain grec : « Khosru, chéri des Dieux, maître et roi de toute la terre , fils du grand Hormizd, à notre serviteur imbécile et infâme Héraclus …Tu dis que tu as confiance en ton Christ, pourquoi donc n’a t-il pas délivré Jérusalem d’entre mes mains ? Il n’a même pas été capable de se sauver lui-même des mains des juifs qui le crucifiaient ».

Les armées perses s’emparèrent d’Alexandrie en 616 puis l’année suivante de Chalcédoine une ville seulement séparée de Constantinople par l’étroit Bosphore. Pendant dix ans, Khosru II démolit les églises, emporta leurs biens et leurs œuvres d’art et saigna l’Asie occidentale jusqu’à un dénuement qui la laissa sans ressources contre une conquête arabe, alors éloignée d’une génération. Abandonnant la conduite de la guerre à ses généraux, il se retira dans son luxueux palais de Dastagird et se consacra à l’art et à l’amour. Il réunit des architectes, des sculpteurs et des peintres pour que sa nouvelle capitale dépassât l’ancienne en éclat et pour immortaliser les traits de Shirin, la plus belle et la plus aimée de ses trois mille femmes qui était chrétienne et à qui il permit, au milieu de sa guerre sainte, de bâtir plusieurs églises et monastères.

Héraclus mit dix ans à édifier sur les ruines de l’Empire byzantin une armée et un Etat nouveaux, puis, au lieu de tenter une traversée coûteuse sur Chalcédoine, il entra dans la Mer Noire, fit voile sur l’Arménie et attaqua la Perse par derrière. En représailles au sac de Jérusalem, Héraclus détruisit Clorumnia, lieu de naissance de Zoroastre et éteignit la lumière sacrée inextinguible (624). Il défit toutes les armées envoyées contre lui et remporta une bataille décisive en 627, non loin d’Arbèles, là où Alexandre avait déjà battu le roi des rois.

Partout les temples du feu flambaient. Vaincu, Khosru II se réfugia à Ctésiphon. Les nobles et les généraux le jetèrent en prison et dix-sept de ses fils furent égorgés. Le survivant Kadadh II mit son père à mort et rendit toutes ses provinces à Héraclus ; malade, il mourut quelques mois plus tard en désignant l’empereur de Byzance comme tuteur de son fils. La dynastie sassanide allait s’achever dans les complots et les guerres civiles, jusqu’à la conquête arabe en 637.

Source principale : W.A Durant Histoire de la Civilisation Volume 10

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