Samad Behrangi naquit en 1939, dans une famille turcophone,  à Gherendab, l’une des provinces de Tabriz, en Azerbaïdjan. Après l’école primaire et trois ans d’école secondaire, il fréquenta une école de formation d’enseignants dont il sortit, diplômé, en 1957. Pendant les onze années suivantes, il enseigna le persan dans des écoles rurales d’Azerbaïdjan iranien. Durant cette période, il obtint un baccalauréat es-arts, en anglais, à l’Université de Tabriz.

Le conteur

Samad Behrangi commença à écrire à la fin des années 50. Il s’inspira d’abord de contes et légendes d’Azerbaîdjan pour écrire avec l’aide de son collègue Behrouz Dehghani de courtes histoires rédigées en Azeri et traduites en farsi. Elles furent publiées en deux volumes, le premier au printemps 1965, le second trois ans plus tard. Il écrivit par la suite de nombreuses histoires telles que Le petit marchand de betteraves, L’écorce de l’orange amère et la plus connue : Le petit poisson noir. La plupart des œuvres de Behrangi appartiennent au domaine de la littérature rustique et folklorique. Elles opposent le pauvre au riche, le cultivé à l’inculte, le village à  la ville. L’auteur s’adresse au peuple, aux gens ordinaires, avec le langage familier des gens de la rue.

 

Le petit poisson noir

L'histoire est racontée par la voix d'un vieux poisson parlant à ses 12000 enfants et petits-enfants. Elle décrit le voyage d'un petit poisson noir qui laisse la sécurité du flux local pour s'aventurer dans le monde. Avec la sagesse et le courage, le poisson arrivera loin.

Le livre a été largement considéré comme une allégorie politique, et a été interdit en Iran pré révolutionnaire par le régime du Shah Mohammed Reza Pahlavi.

 

 

 

Le contestataire subversif

Auteur de nombreux essais pédagogiques et d’un recueil d’articles sur la psychologie de la pédagogie iranienne, Behrangi voulait changer profondément le système éducatif du pays qu’il jugeait obsolète et inadapté aux besoins des enfants des villages. Il considérait que les livres destinés aux enfants devaient être un pont entre leur monde onirique et coloré et celui noir et triste de la société des adultes. Il pensait qu’ils devaient leur fournir un moyen exact de percevoir le monde et leur permettre d’évaluer, à leur échelle, des problèmes moraux et sociaux.

 

 

 

Crime ou accident ?

Au début du mois de septembre 1968, Samad Behrangi qui ne savait pas nager, a été retrouvé  noyédans la rivière Araxe formant la frontière entre l’Azerbaïdjan et l’Iran. Selon Hamzeh qui accompagnait Behrangi, il s’agirait d’une noyade accidentelle. Mais l’hypothèse de l’élimination par la SAVAK- la police secrète du Shah- d’un contestataire gênant n’est pas à écarter.

Une gloire posthume

De nombreuses compilations des œuvres de Behrangi ont été réalisées après sa mort. Son Petit poisson noir a fait son chemin partout dans le monde. En 1969, il a été primé à la Biennale de Bratislava et à la Fiera di Bologna.

A l’occasion de la Nuit blanche 2013, à Paris, une affiche à la gloire du petit poisson noir, a été exposée une seule nuit sur le cinéma MK2 quai de Loire, un bâtiment le long du canal de l'Ourcq.

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