Une famille d’artistes

Mohammad Ghaffâri est né en 1846 à Kashan, en Iran dans une famille de peintres. Son oncle, Mirzâ Abol-Hasan Ghaffâri qui créa, dans les années 1850, la section de peinture à l’Ecole polytechnique Dâr-ol-Fonoun, excella dans l’art du portrait et de l’aquarelle. Les talents picturaux de son père et de son frère, également lithographe, furent aussi reconnus en leur temps. Suivant la filière familiale, le jeune homme commença à s’initier à la peinture à Dâr-ol-Fonoun, auprès de son oncle puis du successeur de celui-ci, Mozayyan-ol-Dowleh qui avait étudié, en Europe, les tableaux des artistes occidentaux.

 

 

 

 

Le peintre de Cour

Vers 1880, lors d’une visite à l’école Dâr-ol-Fonoun, située derrière le palais royal, Nâssereddin Shâh remarqua l’un des portraits réalisés par le jeune peintre et l’appela à sa Cour. En 1883, le souverain le nomma peintre en chef et, dix ans plus tard, lui donna le titre honorifique de Kamâl-ol-Molk (Perfection de la terre) sous le nom duquel il signera ensuite ses tableaux

Jusqu’en 1896, année de l’assassinat du Shâh, Kamâl-ol-Molk peignit de nombreux tableaux représentant les personnalités de l’entourage princier, des scènes de chasse, des bâtiments et des palais royaux, perfectionnant sa technique de la peinture à l’huile et l’art de la perspective.

Séjour en Europe

Les conditions de travail à la Cour du nouveau souverain, Mozaffareddin Shâh, étant devenues difficiles, Kamâl-ol-Molk partit pour l’Europe en 1898. Durant trois ans, il visita les principaux musées de Paris, Florence et Vienne et étudia les techniques de maitres comme Rembrandt, le Titien et Léonard de Vinci. Selon certaines sources, il aurait fréquenté l’atelier d’Henri Fantin-Latour dont il fit le portrait en 1900.

Séjour en Irak

A la demande de Mozaffareddin Shâh, lors de sa première visite en Europe en 1900, Kamâl—ol-Molk retourna en Iran l’année suivante, mais prétexta un pèlerinage aux lieux saints pour partir en Irak, loin des intrigues de Cour. Il y resta jusqu’en 1905 et y réalisa plusieurs de ses œuvres les plus célèbres : l’orfèvre de Bagdad et son apprenti, Place de Kerbala, l’Arabe endormi. A son retour d’Irak, il sympathisa avec les constitutionnalistes et refusa de faire le portrait de Mohammad Ali Shâh Qâdjâr, successeur de son père Mozaffareddin Shâh.

 

 

 

 

 

 

Les dernières années

Dans le contexte favorable aux activités culturelles qui suivit la Révolution constitutionnelle de 1906, Kamâl-ol-Molk créa, en 1911, l’Ecole des Beaux-arts dédiée uniquement à l’enseignement des arts aussi bien traditionnels que d’influence européenne. Il y enseigna avec enthousiasme et générosité jusqu’à la proclamation, en 1925, de la dynastie Pahlavi. En désaccord avec Rezâ Shâh et certains de ses ministres, il refusa de confectionner les portraits officiels de la famille impériale, confia la direction de l’école à l’un de ses élèves et se retira à Hosseinâbâd, près de Neyshâbour, où il résida jusqu’à sa mort, le 18 août 1940, à l’âge de 93 ans. En 1962, le Shâh ordonna la construction d’un mausolée en hommage au peintre dans la ville de Neyshâbour, à coté de celui du poète Attar.

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