Un peu d’Histoire

Capitale de l’Iran, anciennement la Perse, depuis 1786, Téhéran connut sa première grande extension sous le règne de Nasseredin Shah (1848-1896). Auparavant, ce n’était qu’une ville provinciale avec une économie basée sur le commerce des fruits et légumes. Des documents datant de 1275 font état d’une ville divisée alors en douze quartiers dirigés chacun par un Ancien et caractérisés par un habitat troglodyte ou semi-troglodyte offrant aux habitants un refuge contre l’insécurité.

Nasseredin Shah détruisit les anciennes fortifications, érigea une nouvelle muraille en forme d’octogone irrégulier, de 19,2km de circonférence, percée de douze portes monumentales ornées de céramiques et fit percer dans le centre de grandes avenues rectilignes et carrossables, ainsi que de grandes places, comme celle des canons (275m sur 137m). A la fin de son règne, la ville entièrement remodelée s’étendait sur 18,25 km2. 

Après la prise du pouvoir par Reza Shah Pahlavi, en 1925, le mur d’enceinte fut détruit pour laisser place à de larges boulevards rectilignes. Une seule des portes subsiste à ce jour.

En 1943, la Conférence de Téhéran entre Staline, Roosevelt et Churchill, en prélude à celle de Yalta, garantit l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Iran.

Durant la guerre Iran-Irak, en réponse au bombardement de Bagdad par les iraniens, Téhéran fut touchée, en 1985 et 1988, par des bombes aériennes et des missiles sol-sol qui causèrent assez peu de dégâts mais firent fuir temporairement 30% de la population de la ville, en particulier vers le nord de l’Iran.

Téhéran est un lieu important dans le paysage religieux et politique iranien, car c’est l’endroit où se tient la « prière du vendredi », dans les locaux de l’Université. Le sermon prononcé par le Guide suprême ou l’un de ses porte-parole, retransmis par la télévision iranienne, sert de véhicule au message que veut faire passer le régime iranien à la population. L’audience de cet événement hebdomadaire est en très net déclin.

Téhéran aujourd’hui

La ville culmine au Nord à 1700m d’altitude sur les contreforts de l’Elbourz, pour atteindre en contrebas 1200m dans sa partie centrale et 1100m au Sud, aux confins du désert. Les quartiers Nord, moins pollués et plus frais en été servent de résidences à la population aisée de la capitale. On y trouve la majorité des ambassades, ainsi que le palais et le parc de l’ancien Chah. Une télécabine relie la sortie Nord de l’agglomération au Mont Tochal, à 3966 m. Plus à l’Est et à 50 km du centre ville, se trouve le Mont Damâvand dont le cône garde quelques traces de neige jusqu’en juillet et culmine à 5671m.

Les quartiers Sud sont dévolus aux couches populaires et à l’industrie. Téhéran est un centre économique et industriel très important. Plus de la moitié des biens de consommation, dont les textiles, le ciment, la vaisselle, le sucre, les appareils électriques et les automobiles, ainsi que des produits chimiques et de l’armement y sont fabriqués. Une zone industrielle a été mise en place entre Téhéran et Karaj, le long de l’autoroute. Le bazar central domine le réseau économique national.

Il y a peu de bâtiments religieux remarquables à Téhéran, surtout au regard de villes comme Ispahan et Chiraz. On y trouve quelques mosquées intéressantes, des églises arméniennes et assyriennes, une cathédrale orthodoxe grecque et plusieurs synagogues.

Parmi les curiosités de la ville, on peut citer la Tour de la Liberté et l’Avenue Vali-ye Asrest, la plus longue de la ville et l’une des plus longues du monde : 18 km entre la gare de Téhéran (à 1100m d’altitude, au Sud) et la place Tajrish (à 1600m, au Nord). Elle est bordée de platanes plantés dans des canaux à ciel ouvert qui acheminent l’eau du massif de l’Elbourz vers le centre-ville.

Grands et bien entretenus, les jardins publics, situés dans toute la ville sont un havre de calme dans une métropole bruyante et servent de lieux de rencontre et de discussions.

L’envers du décor

Une urbanisation incontrôlée.

Le phénomène du squat est issu de l’urbanisation rapide de Téhéran dans les années 70. Les premiers affrontements entre la police et les squatteurs eurent lieu en 1977. A partir de 1979, profitant de la révolution antimonarchique, les populations défavorisées occupèrent des terrains à la périphérie de la ville pour y construire illégalement des maisons, le plus souvent durant la nuit. En 1986, on comptait, à la limite des réseaux de bus, plus de vingt nouvelles communautés rassemblant plus de 460.000 habitants. L’exode rural, la guerre Iran-Iraq qui déplaça 2,5 millions de personnes et l’afflux massif en Iran de deux millions de réfugiés afghans expliquent l’ampleur du phénomène. Les nouveaux venus squattent puis réclament les services de la municipalité, surtout pour l’eau potable et l’électricité, et en cas de refus réalisent des connexions illégales.

Une insalubrité inquiétante.

Selon le ministère de l’environnement iranien, la ville de Téhéran est l’une des plus polluées au monde. La pollution de l’air aurait fait 3600 morts en novembre 2006, essentiellement par pathologies cardio-respiratoires. En 2002, la ville a rejeté dans l’atmosphère 1,5 millions de tonnes de polluants, essentiellement du CO2, produits par deux millions de véhicules. Téhéran rencontre aussi des problèmes de fourniture d’eau et ses réseaux d’égout sont insuffisants : la plupart des déchets humains sont rejetés dans le sol ou dans des cours d’eau.

Les ravages de la drogue.

Dans un article, un journaliste constate : les jeunes sont en train de devenir des drogués. « Nous n’avons pas de liberté, pas de travail, nulle part où aller pour nous amuser. Alors nous sommes drogués. » L’Iran est un pays producteur et consommateur d’opium depuis des siècles. Téhéran est situé sur la route empruntée par l’opium et l’héroïne en provenance d’Afghanistan et du Pakistan. La drogue passe ensuite en Turquie d’où elle est acheminée vers l’Europe par la route des Balkans. D’autres drogues sont disponibles, comme le hachich, la cocaïne et des drogues de synthèse. Elles font des ravages dans une population souvent dépressive avec un taux de chômage de l’ordre de 20 à 25%.

La révolte étudiante.

Téhéran dispose, à coté  de son Université (fondée en 1933, la plus grande du pays), d’une cinquantaine d’institutions d’enseignement supérieur. Bien que contrôlées par l’Etat, elles sont des foyers très actifs d’opposition au pouvoir. Les étudiants, islamistes ou non, contestent les politiques et les pratiques du gouvernement. En 1999 puis en 2003, les manifestations ont donné lieu à des soulèvements partis de Téhéran pour s’étendre à d’autres universités. Elles furent violemment réprimées, mais le feu couve toujours sous la cendre et chaque année des manifestations d’étudiants appellent à la chute de la théocratie islamique.

 

Une police omniprésente

Ces dernières années le régime a multiplié les patrouilles chargées de faire appliquer rigoureusement le code vestimentaire, le respect des interdits et de réprimer tout ce qui enfreint les lois civiles et religieuses, afin d’étouffer dans l’œuf toute forme de contestation.

Un grand risque sismique. 

Une grande faille est située sous la chaîne de l’Elbourz au pied de laquelle est situé Téhéran. La ville est donc exposée à des tremblements de terre apparus selon des cycles d’environ 150 ans. Or, le dernier séisme date de 175 ans et les spécialistes craignent qu’il s’en produise un  dans un avenir proche, ce qui pourrait coûter la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

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